MIDI FESTIVAL : JOUR 2

Retour sur notre deuxième soirée à l'Hippodrome. Pas d'histoire de chevaux mais quelques porcs, un rouquin, un rappeur transsexuel et une princesse décevante nommée Aluna.


Los Porcos : de New Pork City à l'Olympique de Marseille

Si on nous avait dit en 2010, que quelques membres du WU LYF se retrouveraient dans une formation de "yacht rock", le funk pointant au coin de leurs hanches et leur humour de moins en moins grisant les amenant à s'appeler "les porcs", on aurait certainement recraché notre gorgée de bière en s’esclaffant ! Pourtant, en Juillet 2013, leur funk habitait réellement nos hanches. Et s'il faut avouer que l'idée paraît bizarre que ces types vêtus de blanc et de bonheur qui gesticulaient sur scène sont en partie ceux qui avaient réussi à ranimer notre rage révolutionnaire à la fin de l'adolescence, on se laisse une nouvelle fois embrigader. Que ce soit dans la révolte ou dans l'appel à la danse, ces types auraient manifestement toujours raison de nous. Et puis, qu'est-ce qui pouvait nous empêcher de danser quand le rythme s'incrustait sous notre peau autant que le soleil hyérois ?! Faiblesse des faiblesses, on a même souri quand le chanteur a sorti un drapeau de l'OM en guise d'accessoire de scène.




King Krule : et que jeunesse se fasse !



Autour de nous, le personnage fascine. On lui donne 19/20 ans, le poids d'une fillette, le cheveu photogénique et... une voix que ni sa carrure ni son minois ne laissaient présager. 
Comme touché par la grâce, King Krule entame son set au coucher du soleil à l'Hippodrome. Les habitués se rappellent de son passage à la Villa Noailles deux ans auparavant, où déjà le jeune prodige avait soulevé bien des coeurs. Et le King mérite aujourd'hui son patronyme : il a gagné en assurance, une confiance qui met en valeur sa voix de crooner anachronique. Pourtant, ses petites histoires sont bien ancrées dans leur époque : elles pourraient bien être les nôtres. Et dans le public brille une lueur d'espoir pour la jeune garde, notre génération, pas si Y qu'on voudrait nous le faire croire. 


Mykki Blanco : WE GOT WAVVY

Si King Krule a fait chavirer le cœur des jeunes demoiselles, c'était la tâche d'un autre King de les faire se déhancher sur la piste de l'hippodrome. On parle bien de Mykki, le rappeur trans ; black et Blanco à la fois. Celui qui, porte-jarretelles à l'appui, inspirerait volontiers aux twittos influents le hashtag #so2013. Eh ouai, il représente parfaitement notre époque où les genres et les cultures se mêlent. C'est le grand melting pot. Bad bitch. Bad motherfucker. Du pareil au même. Trans, gay, bi, hétéro complexé : on se reconnaît tous dans les bonnes vibes, son flow et le bad motherfucker de Pulp Fiction. Lui et sa team de bonnes bouilles envoient le show et cette transe entre hallucinogènes et rap pure souche nous emmène au plus loin des clichés. C'est la marche des salopes, la procession moderne, le défilé d'une humanité qui, le temps d'un set, abandonne ses jugements pour accepter l'autre tel qu'il est et, pourquoi pas, danser avec lui jusqu'au bout de la nuit. C'est ainsi que Mykki enflammera la plage lors de la Midi Night, avec sa grande gueule et ses sous-vêtements humides. Et côté public. Mais ça, c'est une autre histoire. 

AlunaGeorge


A peine remis du set de Mykki Blanco - si tant est qu'il soit possible de s'en remettre - on s'enthousiasme déjà du prochain passage sur la scène de l'Hippodrome : celui d'AlunaGeorge, notre coup de coeur électropop de 2012. Mais là où 2013 aurait pu être leur année avec la sortie de leur album deux jours après leur concert au Midi, c'est la déception et non l'enthousiasme qui nous a cette fois frappés. You Know You Like It. Bof, bof. Une fois qu'on s'est remis du charme envoûtant d'Aluna, la réalité est bien moins belle : leur set est loin d'avoir le pétillant et la saveur de ce à quoi ils nous avaient habitués. Et s'il faut verser dans la comparaison prosaïque pour illustrer ce moment, l'on connaît la même déception que lorsque l'on a besoin d'une bière bien fraîche pour se désaltérer et qu'on nous la sert tiède. Heureusement, celle du bar était bien fraîche et c'est donc cette direction que nous avons prise, tournant le dos à notre coup de coeur qui avait osé rompre le charme.


Texte et photos : Jessyka

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