ATRABILLIE #2 : Tappi Tíkarrass


Si tu aimes la cold wave, le post punk et la sorcellerie alors ce groupe est fait pour toi. Un des premiers groupes connus de Björk, Tappi Tíkarrass (dont le nom signifierait "Va botter le cul de cette pute"), s'est formé en 1981 et n'a sorti que deux albums avant de splitter.

[ALL FOR THE LYRICS] Jimi Hendrix - Foxy Lady



You know you're a cute little heartbreaker
You know you're a sweet little lovemaker

Tu le sais. Tu le sais et tu en joues. De cette tendresse qui fait éclater les neurones et dresser le muscle, là, sous le pantalon. De ce je-ne-sais-quoi qui fait que mon regard ne peut plus se détacher de toi quand tu te remues sur cet air là, tes hanches frappant l'air et ton sourire l'envoûtant, l'entraînant de plus belle avec toi sur le rythme de mon désir grimpant.

I wanna take you home
I won't do you no harm, no
You've got to be all mine, all mine
Ooh, foxy lady

Ta petite jupe moulante tout, tout près de ton corps. Et là, juste au dessus, cette courbe divine qui mène à ta poitrine. Ton petit corps s'active et tu maîtrises chaque mouvement, à m'en faire tourner la tête jusqu'au frisson. Là, oui, mes poils se dressent. Mes dents se serrent, mes muscles se crispent, ma langue n'attend plus que de rencontrer la tienne. Tout à coup, c'est là et bien clair : tu dois être à moi. Tu ne peux qu'être à moi.

I see you, heh, on down on the scene
You make me wanna get up and scream

Tu es encore si loin, répétant tes mouvements saccadés dans l'air. Toujours ces hanches qui se balancent, comme si elles appelaient mes mains à venir les encercler, leur donner la cadence. C'est un rythme préliminaire que tu maîtrises à la perfection. Chaque morceau de chair de ce corps opère une séduction mécanique, efficace à tous les coups. Tu joues. Tu joues si bien de moi. Là, à partir de cet instant, tu m'entraînes où tu veux aller.

Ah, baby listen now
I've made up my mind
I'm tired of wasting all my precious time
You've got to be all mine, all mine

Plus une minute à perdre. Je dois te faire mienne. Posséder ce corps par la chair et pour la chair. Te marquer. M'incruster en toi pour quelques éternités. Faire péter chacune de tes résistances et peu à peu te posséder toute entière, jusqu'au dernier tréfonds de cette âme et de ce corps.

Here I come baby
I'm comin' to get ya
Foxy lady
You look so good
Yeah, give us some
Yeah, get it, babe

Rusée, tu as su m'attirer doucement dans ton délire, dans le délire de ton corps. Chaque parcelle de celui-ci m'appelle, m'attire vers lui irrésistiblement. Je viens t'attraper. Te fendre en plein milieu. Marquer cette chair par ma chair. Creuser dans tes entrailles l'ultime possession. Sur chaque centimètre de ton épiderme, répandre mon poison.

You make me feel like
Feel like sayin' foxy
Foxy lady

[ART CONTEMPORAIN] ROSE EKEN, une fan à l'oeuvre


La musique, ce n'est pas ce que dans les salles de concerts et gravé dans le vinyle. Ni sur YouTube, Spotify et autres Deezer s'il faut se la jouer ère digitale. Parfois, la musique investit également le monde des musées et des galeries. Pas sous sa forme sonore, non, mais par ce qu'elle inspire aux artistes.

C'est le cas de Rose Eken, une artiste danoise qui prend le même plaisir que vous et moi à savourer ses classiques du rock. Sauf qu'au lieu de fumer des clopes et de boire des bières dans le même temps comme on le fait, elle tire de sa passion des œuvres d'art aussi bouleversantes et immuables que les disques qui les inspirent

Fan absolue de Metallica, elle a conçu des miniatures en carton peint de chacun des instruments utilisés par les membres du groupe. Vous imaginez un peu ? Être transportée à ce point par ce groupe que vous décidez de lui rendre le plus bel hommage en reconstituant les 12 batteries de Lars Ulrich, les 58 basses de Robert Trujillo, ainsi que les 162 guitares de James Hetfield et Kirk Hammett. Si Metallica ne m'a jamais fait trop d'effet, un tel élan de fanatisme me fait tout chaud dans le coeur. 



Music is the healing force of the universes

Mais ce n'est pas seulement des groupes qui donnent naissance à ces œuvres. C'est surtout une culture. Et plus en avant, le sentiment d'appartenance à cette dernière. 
Cette culture qui avance majeurs en avant vers la bourgeoisie et l'establishment depuis des années, on la ressent de l'épiderme jusqu'aux tripes en contemplant l'oeuvre de Rose Eken. C'est ce blouson clouté et customisé à l'effigie de votre discothèque - qui en dit déjà long sur votre caractère et vos opinions politiques -, c'est ce paquet de Marlboro - surtout pas légères! - traînant nonchalamment sur le sol au milieu des mégots, c'est cette platine que vous bénissez car le monde peut s'écrouler autour de vous, elle pourra toujours passer les disques qui font que rien d'autre ne compte





Jessyka

UNE PLAYLIST POUR PERDRE SA VIRGINITÉ [VERSION FILLES]


Qu'elle se soit envolée il y a bien longtemps ou qu'elle attende toujours qu'on vienne la prendre, la perte de votre virginité restera gravée en vous pour l'éternité. Comme dirait Poupette dans La Boum, on se réveille soit émerveillée soit dégoûtée, il n'y a pas de juste milieu. Même si dans tous les cas, on a tout la vie pour réitérer ou améliorer la chose, c'est sur la première fois qu'on se base. Et comme tous les grands moments de notre vie, il y a une chanson qui nous rappelle cette nuit... où on s'est fait craquer l'hymen. On a donc dressé pour vous une playlist sous forme de typologie des gars avec qui on est susceptible de perdre notre pucelage quand on est adolescente. 

> FIDLAR - Whore / Trois minutes et quarante secondes avec un skateur malhabile

Avouez, on a toutes bavé sur les skateurs au lycée. Et, avant le bac du moins, ces p'tits gars nonchalants mais néanmoins plein de muscles sont des filles faciles. Si vous parvenez à les faire s'éloigner de leur planche un instant, il y a de fortes chances de parvenir à se glisser sous les draps en leur compagnie. Ou au moins les attirer dans un endroit discret pour échanger de la salive. A l'étape suivante, ils se révèlent sûrement un peu trop énergiques. C'est bien quand ils forment un groupe genre FIDLAR, mais au pieux leurs performances durent à peu près le même nombre de minutes que leurs chansons. 

> Jessica93 - Sweet dreams / Neuf minutes avec un dépressif dont tu tomberas amoureuse

Aaaah, les types mystérieux. Ils ont fait mouiller bien des culottes. Très difficile néanmoins d'aller jusqu'au bout avec eux, à moins d'être la meuf chéper dont ils tombent amoureux. Sinon, c'est juste toi qui fait une fixette et lui qui s'enterre dans sa dépression adolescente. Une première fois qui marque parce que t'es pas prête de te le sortir de la tête ce brun mélancolique.

> Bleached - When I was yours / Quatre minutes avec un bégé qui deviendra pédé

Tu as été sienne bien peu longtemps. C'était beau, tout rose et tout paillette. Un vrai teen movie américain sur le roi et la reine du bal de promo. Malheureusement, il rêvait plutôt à un roi du bal. Ça te marquera toute ta vie et à chaque début de relation tu prieras pour que celui-là ne vire pas sa cuti après t'avoir pénétrée.

> Disclosure - F For You / Quatre minutes trente avec un hipster de village

Le hipster et son électro-branchouille ! Savant mélange pour faire craquer une adolescente. Malheureusement, c'est ces types là qui feraient écrire à une Carrie Bradshaw des années 10 des tonnes de conneries sur les types qui nous amadouent pour mieux nous piétiner ensuite. T'inquiètes chérie, t'en verras d'autres. Et tu feras pareil dès que tu en auras l'occasion car la vengeance différée, y a que ça de vrai.

> Tom Odell - Grow Old With Me / Trois minutes avec le seul et l'unique

Tu es de celles qui rencontrent l'amour bien tôt et s'engagent très vite sur la pente de la relation sérieuse. Tu es une espèce en voie de disparition et toutes tes copines te détestent en secret. Votre petite chanson d'amour éternel, elles l'écoutent seules dans leurs lits en rêvant à un Hugh Grant qui leur passe la bague au doigt. Beurk.

> Natural Child - Ain't Gonna Stop / Le mode "répétition" activé avec un couchsurfer américain

Tu as le goût du risque et de la chose bien faite. Comme peu de jeunes filles, tu ressortiras de cette première fois avec une réelle assurance et zéro complexe. Parce que ce type expérimenté, s'il ne parle pas ta langue, fait des miracles sur les âmes troublées et les corps apeurées.

> Interpol - Slow Hands / Le temps de l'album "Antics" avec un type qui ne paye pas de mine

... mais qui sait y faire ! Pas spécialement beau, il dégage quelque chose que toutes ne voient pas. Toi, tu l'as repéré et ça te mettra bien en jambes pour tout le reste de ta vie sexuelle. Tu chercheras à recréer ce moment à chaque fois, la douleur en moins.

> Ty Segall & Mikal Cronin - Reverse Shark Attack / Dix minutes avec le grand frère de ta pote

Il changera surtout ta vie en faisant ton éducation musicale mais en soi l'expérience valait bien de te fâcher avec ta pote. Une love story gravée sur du vinyle à jamais et tout ta culture musicale te ramènera à lui pour l'éternité.

> Parenthetical Girls - Handsome Devil (The Smiths Cover) / Mec chelou mais coup en or

Pire que le dépressif ou le mélancolique, le mec vraiment chelou. Tu sais qu'il a un grain et ça se ressent dans son éros, tu le découvriras vite. Difficile après pour toi de distinguer ce qui est normal de ce qui ne l'est pas, en matière de sexe. Il t'aura un peu déglinguée et tes amants suivants le remercient.

> Monogold - Dead Sea Minerals / Avec l'amour de vacances dont tu oublieras le nom

Sur une plage quelconque avec un gars quelconque. C'était pas top mais tu te plais à l'idéaliser et à te passer des chansons estivales pour recréer la sensation du sable chaud sous ta peau. Plus que celle de gros lourdos sur ta peau.


[ C'EST INVENTE ] UNLOCK THE HEART, formation électro-clash imaginaire

Trajectoire ascensionnelle d'un groupe qui n'existe pas : UNLOCK THE HEART 


Le Printemps 2014 approche. Je m'impose un bilan de ces quatre derniers mois en matière de musique. Rien ne m'a vraiment époustouflée jusqu'ici. Pas de découverte majeure, pas d'album qui tourne en boucle. Quelques talents, certes, mais pas de nouvelle idole. 
Ce qui manque à cette année, pour le moment, c'est la découverte qui fait l'effet d'une bombe. Plonger ses oreilles dans une démo, un EP et savoir dès la première écoute qu'on n'en ressortira pas indemnes, et même changés, grandis. Mon grand regret reste de ne pas avoir découvert ce groupe qui me retourne une bonne paire de claques tant par sa musique que par sa spiritualité, son message et son humour grinçant.  
Pour palier ma frustration, j'ai écris 10 000 signes sur un groupe inexistant mais qui a tout ce que j'attends d'une révélation 2014 à venir : du son qui crache, une identité en marge, assez d'esprit pour envisager la musique autrement et ce qu'il faut d'intelligence pour le rendre correctement.  


UNLOCK THE HEART est une formation atypique à l'ère 2.0. Pour commencer formellement, il convient de vous raconter l'histoire de ceux qui voulaient ouvrir les cœurs sans pour autant enfoncer des portes ouvertes

Genèse et Déluge de sonorités modernes.

Janvier 2014. A 18 ans, Andréa, jeune parisienne, connaît son premier chagrin d'amour. Il est violent, sans précédent et lui retourne le cerveau comme une vieille montée de MDMA. Ce mec, pas vraiment canon ni vraiment intelligent, a réussi à la convaincre qu'il en valait la peine, s'est mit à la dominer moralement avant de la laisser choir et de s'en retourner dans son Poitou-Charente natal où il poursuivra une existence médiocre à se persuader qu'être un mec c'est foutre des nanas en cloque et s'en aller, histoire de raconter ses exploits à ses potes puceaux. Mais étant plutôt de phénotype Hessel qu'Emma Bovary, la petite s'indigne et décide de tirer quelque chose de cette histoire.
Elle ne savait pas encore quoi jusqu'à ce qu'elle aille se mettre une caisse au Sonart, son bar de prédilection du 9ème arrondissement, et y rencontre deux types plutôt paumés et portant le même prénom que celui qui avait fait de son cœur du vomi de chat en fin de vie : Adrien. Adrien et Adrien sont deux mecs vraiment canons et vraiment intelligents qui ont subit la torture physique et mentale du premier amour et ne s'en sont jamais remis. Ils noient leur virginité perdue dans les alcools forts et la drogue dure en se persuadant que c'est la seule chose à faire, parce que tout le monde autour d'eux le fait. Andréa en décidera autrement. Parce qu'ils lui disent faire de l'electroclash à leurs heures perdues, la petite voit en eux la porte de secours d'une dépression so 2014 qui s'annonce. Ouep.

Ni une ni deux, les deux gonzes et leur muse se mettent à composer et à discuter amours jour et nuit. De ces heures tout sauf gâchées naîtra le projet UNLOCK THE HEART, annoncé sur leur page facebook comme un « médiocre concept-band qui dresse un panorama des relations amoureuses contemporaines ». L'aventure est lancée. 

Matérialisation d'un groupe immatériel

Février 2014. Le projet prend forme sous l'étiquette Do It Yourself.  Les grandes lignes du projet sont tracées : UNLOCK THE HEART tente le pari de dire les amours en chanson mais aussi sur leur site, unlocktheheart.tumblr.com . Chaque dimanche, le groupe poste une composition originale accompagnée qu'un texte. Ainsi, au titre «First Love Feels Like Rape» - qui deviendra bientôt leur tube - correspond 5000 signes de la plume d'Andréa  qui s'évertue à théoriser le premier amour comme un viol, une expérience qui prend une partie de toi qu'elle ne te rendra jamais et te tombe sur le coin de la gueule que tu te tentes la résistance ou non, que tu te protèges ou non. 

« First Love in the darkest street / First Love cuts you in half / Fisrt Love brings you shame when it breaks between your kidneys » hurlera bientôt Andréa sur les scènes de France et de Navarre sur un fond d'électroclash bien trempé dont le rythme se veut mimesis des secousses de l'acte sexuel non-consenti. 

Pour expliquer son refrain et le fond de sa pensée, la jeune vocaliste improvisée écrit notamment ces mots :

« Le premier amour est un viol. Il t'arrache à l'innocence, à ton corps et à tes sentiments. Tu perds le contrôle car quelqu'un fait violence à ta capacité de résistance et t'étouffe de sa domination malsaine. 
(…)
Le seul violeur qui parvient à se faire aimer est le premier qui possède ton corps, y grave des cicatrices que tu contemples avec une nostalgie mêlée de rage, un bouillonnement infini qui te définit en tant qu'être. 
(…)
Le premier amour est une épreuve. Si tu sors vivant de ce rapt c'est que le monde est à ta portée. Tu peux alors t'exprimer et tenter de l'appréhender. Vivre et mourir dans la souffrance que procure l'altérité et le désir infini d'aimer et d'être aimé. »


Bim ! Ni une ni deux, le succès frappe à leur porte et les fans se pressent dans les salles de concert pour écouter leurs délires en buvant des bières toujours trop chères. Évidemment la presse s'empare vite de ce tintamarre amoureux ce qui leur permet de se payer une belle affiche :

« Les leçons de vie de ta grand-mère rédigées par Bukowski et scandées par la petite sœur de tes rêves. » GONZAÏ

«Unlock The Heart a trouvé la clé du Verbe et dénonce les multiples réalités de l'amour dans le souffle continu d'une prose jeune et terriblement efficace » Les Inrocks

« Quand Sexy Sushi rencontre la fille spirituelle de Simone de Beauvoir et Virginie Despentes » Dum Dum




Conquête par le live
Avril 2014. Mais vous n'avez pas encore tout vu. A part si, comme nous, vous étiez présents à Morlaix pour la 17ème édition du festival Panoramas. En effet, le festival breton a cueilli l'exclusivité du live méticuleusement construit par le trio parisien. Avant cette date, leurs lives relevaient du délire. Ce soir là, ils ont atteint le stade de l'extase.

C'est le samedi soir, sur la scène du Club Sésame, qu'Unlock The Heart a déballé toute sa puissance. Andréa, 1m70 et pas assez de kilos,  débarque sur scène en talons hauts, bas résille et robe qui dit «j'ai piqué le tshirt de mon keum et j'en ai fait une putain de fringue ». Sur son tshirt, un cœur traversé d'une flèche – très kitch – en dessous duquel on peut lire « What does it have to do with love ? » - «Qu'est-ce que ça a à voir avec l'amour ? », dans la langue de Molière - . L'on apprendra plus tard qu'il s'agit de la première pièce d'une collection de merchandising à l'initiative de la chanteuse qui sera lancée en mai  et qui vise à détruire les symboles de l'amour. Et effectivement, leur live hystérique nous fait comprendre que l'amour n'est pas un cœur tout beau tout rouge transpercé par l'arme de Cupidon

Le set de s'ouvrir sur «First Love Feels Like Rape» afin d'enflammer un public surfant aussi bien sur la pente ascendante de l'adolescence que sur la pente descendante de la cuite. Puis tout s'enchaîne : « Fifty Shades Of Fuck » qui parodie gaiement le trop célèbre « Fifty Shades Of Grey », « Oral Sex Is No Shame », «Can't Get You Out Of My Bed » qui demande une culture mainstream afin de saisir la référence ou encore « I Fuck Older Men. So what ? Fuck you ! » inspiré du refrain de l'hymne à la bière bon marché de FIDLAR (« I Drink Cheap Beer. So what ? Fuck You!») .
Dans le public c'est la transe, particulièrement lorsque la chanteuse s'approche voire se mêle à cette foule déjà embrigadée pour mieux imprégner leurs cerveaux de son discours qui lie les chansons. En effet, cette toute jeune voix tisse le lien de la relation de l'artiste à son public comme métaphore de la relation amoureuse, la dépendance officiant de chacun des deux bords. C'est beau à en pleurer tes neurones et l'on voudrait que ça ne s'arrête jamais. 

Mais ce n'est pas fini, la partie cachée de l'Iceberg reste à dévoiler. Elle prendra la forme du titre inédit «Romantic Rights», clin d’œil charmeur à feu Death From Above 1979.  Les vibrations electroclash servent d'introduction tandis qu'Andréa se retourne afin d'enlever sa robe. L'on peut alors lire sur son dos: « FUCK FEMEN ». Lorsqu'elle se retourne, l'on remarque que sa poitrine et son ventre portent l'inscription « PRAY FOR ROMANTIC RIGHTS». Pendant plus d'une minute, l'électroclash est plus assourdissant que jamais tandis qu'Andréa s'approche du public et déballe son discours, sans encore chanter. « FEMEN est un mensonge. FEMEN te fait croire que se foutre à poil et hurler c'est être féministe et revendiquer ses droits mais détrompe-toi petit gars, c'est juste une confirmation du cliché de la femme hystérique et de la pétasse moderne qui recherche désespérément l'attention des médias pour oublier qu'elle a pas réfléchi sérieusement depuis qu'elle a lu dans Glamour qu'il fallait baiser la baise. Mais toi t'es pas comme ça, chérie, t'es pas si tarte. Tu sais bien que tu ne gagneras rien à combattre l'oppression en t'humiliant. Regarde moi, j'ai pas l'air d'une chienne comme ça ? Pourtant je suis comme ton père, ton frère et ta sœur : j'ai envie de croire au romantisme. Envie de croire qu'on va m'aimer pour ce que je suis et me le montrer en m'apportant le petit déj' au lit. Ne perdez pas espoir car ce soir on chante les Romantic Rights ». S'en suivent six minutes de turbulences d'une déclaration des droits au romantisme, scandée tel un remix de la Constitution de n'importe quel pays incapable de l'appliquer

Et tu croyais que c'était fini ? Qu'ils t'avaient tout montré ? Que nenni, l'ami ! Tandis que les dernières notes de « Romantic Rights » résonnent encore dans ta tête, Andréa enfile un drôle de déguisement : perruque blonde, la raie au milieu, lui descendant jusqu'au milieu du dos, bonnet Carhartt et creepers cloutées. Quelle comédie va donc se jouer ?
Ni une ni deux, l'actrice principale se saisit du micro et déclare d'une voix nasillarde : « Il pète la classe mon bonnet, hein ? Matte un peu mes creepers, top niveau ! Je passe crème au Social et je fais gauler tout Paris, n'est-ce pas ? Je m'appelle Andréa et j'ai un groupe de pop rock. Je chante la jeunesse poudre blanche et les relations non-protégées avec des types barbus qui sont tous Djs. Tu vas kiffer. »
Débute alors « Party Is Now », la non-chanson d'un non-groupe pourtant bien composée et interprétée par Unlock The Heart  pour se foutre de la gueule d'une pop-music sans queue ni tête, qui écrit du vide sur du vide et s'orne des symboles du néant, a.k.a les fringues qu'il faut acheter et les drogues qu'il faut consommer. Le public se déchaîne contre sa génération et en sort grandi, comme prit dans le vent d'une communauté à laquelle il vaut mieux appartenir, celle de ceux qui parlent à cœur ouvert.

La suite au prochain épisode !

Jessyka

ATRABILLIE #1 : THE AZTECS


Chaque semaine, Lisa a.k.a Billie Moggy Mo vous présente un morceau du tonnerre déniché dans les méandres de l'internet.

The Aztecs : World of Woe . Single World of Woe . 1968 Julian Records

S'il nous est possible d'écouter cette merveilleuse chanson sur YouTube aujourd'hui, c'est parce que The Aztecs - précédemment appelés The Bottles, ou Malibu -, petit groupe de collégiens de Waterville ont gagné la 3ème place dans un Battle of the Bands à Wenatchee, juste derrière The Chargers et Billy & the Kids ! Le label Julian Records leur a alors permis d'enregistrer un 45t dont le titre principal se retrouva dans la compile Quagmire vol 8.

EVENEMENT : FESTIVAL PANORAMAS #17 @ MORLAIX


Un festival sans boue, ce n'est pas un vrai festival. Et ça, les bretons l'ont bien compris. C'est pourquoi, cette année encore, nous irons nous vautrer dans la gadoue, bravant les kilomètres et l'accent breton, pour se remplir les oreilles de bonnes ondes à Morlaix
Du 18 au 20 avril prochain, cette petite bourgade bretonne deviendra - pour la dix-septième fois et le temps d'un week-end - l'endroit où il faut être si l'on est amateur d'électro pointue et d'ambiance électrique

Dans le paysage des festivals hexagonaux excellant dans l'art de proposer une programmation éclectique mais cohérente, Panoramas s'est fait une place forte et solide. Et la programmation 2014 donne comme l'impression qu'ils se sont particulièrement bien débrouillés cette année. 

Après des années d'efforts et pour le plus grand plaisir des festivaliers, Parov Stelar a rejoint la programmation. Et l'on imagine déjà comment le cœur chaud des breton(ne)s va faire un peu plus encore pétiller leur set. 

Côté têtes d'affiches, on est servis : Boys Noize, Bakermat - qui a carrément explosé depuis son passage en 2013 -, Mr Oizo ou encore Rone serviront leur électro accomplie.


Les découvertes pleuvront et l'on attend particulièrement les performances scéniques de Worakls, GoldFish, Zeds Dead ou encore Kid Wise. Que dire de plus si ce n'est que l'on se réjouit de la présence de notre coup de cœur de 2013 que sont Bondax et Cashmere Cat ?



Alors, vous viendrez partager une galette bretonne avec nous sur le camping de Panoramas ?
Pour vous convaincre, on vous a concocté une playlist. Deux heures et demie les oreilles plongées dans la crème de la crème.