THE BEST OF : FESTIVAL AUCARD DE TOURS 2014

Ça se balance sur la Plaine de la Gloriette @ Aucard de Tours


Quand on découvre une ville, le plus croustillant est toujours d'y découvrir la jeune scène et les acteurs culturels locaux. A Tours, s'il y a un événement à ne pas manquer qui combine les deux c'est bien le festival Aucard de Tours. Organisée par Radio Béton (93.6), la 29ème édition de ce rendez-vous annuel avait pour thème "C'est quand l'Amérique ?". Beaucoup de groupes ricains au programme donc mais pas que : les formations du coin et les maîtres du bizarre musical internationaux étaient également représentés. On revient sur les meilleurs concerts de ces cinq jours.

Une statue de la liberté punk nous informe de notre entrée sur un territoire (fictivement) américain
Le premier jour, on se rapproche fissa de l'Amérique avec le live de Bosco Delrey. Formation rock solaire, cinématographique au possible, elle se révèle encore plus délicieuse sur scène. Une nouvelle facette d'eux se dessine : plus rock, moins parfaite et tellement plus vraie. Quand la voix déraille on sent l'humanité qui manque légèrement sur disque. Baby's Got A Blue Flame est à ravir sous le petit chapiteau. 
La légende ricaine continue et l'on voit plus grand avec The Brian Jonestown Massacre. Ambiance différente que la semaine précédente au This Is Not A Love Song Festival de Nîmes, le plein air leur réussit. Joël Gion, toujours placé au centre, prouve encore une fois son rôle de pilier au sein du groupe tandis qu'Anton Newcombe continue de fasciner par son talent et son jemenfoutisme scénique. Un concert mémorable qui s'écoute autant depuis les premiers rangs qu'allongé dans la pelouse ou sur les balançoires (rien de tel que de se retourner la tête pendant Straight Up & Down). 
Toujours sur la lignée ricaine mais résolument plus jeune c'est Vundabar qui remporte la troisième place du podium ce soir là. Leur album, sorti en 2013, est dénommé Antics. Tiens tiens, ça ne vous rappelle pas quelque chose ? Si bien sûr, le deuxième album d'Interpol, sorti il y a dix ans. Bel hommage si ça en est un, bien que leur musique n'ai pas grand chose à voir avec le souffle froid de Paul Banks. Carrément ricains, ils ne font pas l'effort de baragouiner quelques mots de français. Si bien que l'on ne comprend rien aux monologues que le chanteur nous adresse entre deux chansons. Qu'importe, rien que cet accent nous rapproche un peu de l'Amérique. Et c'est bien le but du festival ! Alors on se déhanche comme si on était au Paradise Rock Club de Boston où le trio a fait ses premiers pas. Ce placebo fonctionne parfaitement bien.

Les Agamemnonz @ Aucard de Tours
Le deuxième soir, Les Agamemnonz, le plus ricain des groupes tourangeaux, nous ont fait vibrer sous le chapiteau. Leur rock instrumental et paradisiaque nous a transporté dans un univers digne de Tarantino. On avance dans leur live les yeux fermés, avalant les kilomètres d'une route désertique à mesure que notre tête bourdonne de plaisir et hoche en rythme, signe d'approbation de leurs errances mélodiques.
Tout va bien pour la scène tourangelle et Papier Tigre nous l'a prouvé. Ça croustille de diverses émotions rock'n'rollesques, ça stimule les zigomatiques et ça se marie parfaitement avec le houblon qui coule à flots et rend nos mouvements aussi décadents que la rythmique de leurs titres.
Côté reggae de la force, Tours a aussi son petit prodige. Biga Ranx revenait en ses terres natales pour un live explosif. Seule ombre au tableau, la masse de (très) jeunes festivaliers présents qui ont cru que cette musique appelait aux pogos. Doucement les kids, qu'on aurait voulu leur dire, contentez-vous de vous déhancher, pet dans la main gauche, pinte de bière dans l'autre et respectez ceux qui vous entourent. Mais ce scénario ne s'observait qu'au loin, là où les sages s'étaient posés dans l'herbe. Dans les premiers rangs, on avait l'impression d'assister à une baston punk sauf que les protagonistes n'étaient autres que des hipsters qui signaient l'arrêt de mort de leur t-shirt Obey préféré. Dès la deuxième chanson, un mec s'est fait piétiner dans la foule. Tout le contraire des comportements auxquels la musique de Biga Ranx appelle. Dommage car le mec s'est littéralement démené sur scène pour assurer le meilleur live possible.

Papier Tigre @ Aucard de Tours
Là où les pogos étaient les bienvenus, et là où on a échappé aux hipsters des villages, c'est pendant le live d'Holograms. Le groupe suédois est venu faire part de sa rage incandescente, la transmettre de la manière la plus frénétique qui soit et nous ramener un peu à nos émotions contradictoires de la fin de l'adolescence. Jeu guitare/basse impeccable, paroles révoltées qui suintent l'ennui de vivre et l'aspiration à ce "quelque chose de plus" qu'on a trouvé dans leur live. Une claque sinistre sur une belle gueule.

Holograms @ Aucard de Tours
Groupe officiel du chill printanier 2014, Tijuana Panthers nous a apporté des bonnes ondes de Long Beach aussi efficaces que des petites pilules illégales. Avec eux on prend un aller-simple pour la fin des tracas, le soleil à toutes les fenêtres et l'amour des premiers jours. Ça swingue tranquillou dans les minis-shorts, tout le monde il est beau il est gentil. En bref, on a trouvé les protagonistes rock capables de nous envoyer au pays des bisounours. 
Toujours au pays du tout-va-bien mais côté électro de la force, FKJ, le "French Kiwi Juice" car d'origine néo-zélandaise, n'y est pas non plus allé de main morte avec les ondes positives. De So Much To Me à Lying Together, il nous a régalé la gueule en toute simplicité, presque à la bonne franquette. 
La Palme de la plus belle fin de festival va sans conteste à Aucard cette année. Les sud-africans de Skip & Die ont assuré un show incroyable, débordant d'énergie, nous régalant les yeux autant que les oreilles. Leur style complètement décalé et leurs rythmes exotiques ont séduit la foule qui s'est déchaînée tout en gardant les yeux rivés sur la chanteuse et son jeu de scène transpirant. Sans doute la plus belle performance du festival. De quoi garder des étoiles dans les yeux quelques jours durant et signer direct pour la 30ème édition du festival.


Les + d'Aucard de Tours :
- Le lieu : la plaine de Gloriette, au sud de la ville, offre un cadre parfait pour un festival de cette envergure. Pelouse clean, attractions pour les petits et les grands et accessibilité en voiture, vélo et transports en commun. De quoi réjouir toutes les tranches d'âge et motiver les plus réticents.
- Les pissotières pour femmes : concept peu mis en place lors des festivals et pourtant bien utile. L'attente pour faire redescendre la bière est bien moins longue et rien de tel pour se faire des copines de festival que de pisser accroupie à côté d'elles.
- Les dates : début des vacances pour les étudiants du supérieur, dernières cuites avant le bac pour les lycéens et période parfaite pour profiter du beau temps en famille. Que demandent les tourangeaux? Plus rien. 

Photos et texte : Jessica Lombardi

ATRABILLIE #3 : BROWN RECLUSE


La Brown Recluse est une araignée venimeuse d'Amérique dont la morsure provoque la nécrose des tissus. Son nom lui vient de son caractère solitaire et discret. Allez savoir pourquoi, il s'agit aussi d'un groupe de
garage/expérimental de Philadelphie. Mais quand on regarde la vidéo de Mirror Mansion le rapprochement n'est plus aussi incongru : l'atmosphère qui se dégage de la voix du chanteur et des images rappelle un isolement confortable et rassurant, alors que la mélodie du synthé installe une ambiguïté inquiétante.


THE BEST OF : THIS IS NOT A LOVE SONG FESTIVAL 2014 @ Paloma, Nîmes






Après avoir traversé la France en voiture, être passée de la grisaille au soleil tendre, j'arrive pour les dernières lueurs du jour et le set de The Fall. Paloma, toujours aussi ravissante, s'est habillée d'un jardin d'été. Chacun y circule gaiement entre le bar, les tables de ping-pong, les poufs, les transats et la scène extérieure sur laquelle se joue un spectacle attachant. Le public est conquis, un peu partout des yeux pétillent d'être enfin confrontés à Mark E.Smith, tout de chair et d'os. Il se tient là, fier, ce petit homme de talent. En bon anglais, il lève le petit doigt de sa main qui serre le micro, comme à l'heure du thé. Mais c'est l'heure de la bière et de taper du pied devant la légende. Presque quarante ans qu'il mène ce groupe avec ferveur, que chaque galette est une merveille et que même les rythmes répétitifs nous paraissent nouveaux tant ils sont élégants. 


A l'intérieur, la légende continue dans la grande salle avec The Brian Jonestown Massacre. Eux aussi font presque tourner de l’œil quand on pense au nombre de chefs d'oeuvres accomplis. Quand on pense à l'adolescence marquée par le visionnage en boucle de Dig! et aux souvenirs gravés à jamais autour de Take it from the man ! Alors les voir live, que ce soit la première ou la énième fois, c'est un peu un cérémonial. Orchestré à merveille par des personnages attachants. Joël Gion, qu'on appelle volontiers entre nous par son prénom comme s'il faisait partie de la bande, n'a pas changé d'un poil. Toujours son bonnet, ses lunettes et son tambourin. D'un regard extérieur, le bonhomme ne sert vraiment à rien. Mais pour les connaisseurs et les fans, c'est un pilier. Seul petit bémol à ce live, très peu de titres du dernier album ont été joués. Regrettable car ça nous aurait permis de graver encore plus vite de nouveaux souvenirs et de s'enivrer de la certitude que ce groupe nous suivra fort, fort longtemps dans nos vies. 
Après la rêverie des BJM, on sort prendre l'air et les lourdes vibrations de 2020 nous attirent dangereusement. On découvre le concert de Suuns, parfait pour la scène en plein air histoire d'exorciser le trop plein d'énergie. Planant, aérien, on sent nos pieds se soulever et notre corps s'alléger à mesure que les gorgées de bière effectuent leur douce trajectoire. On danse sans même s'en rendre compte, happés par la mélodie envoûtante et le flux de festivaliers qui se dandinent tout à côté.  


Le temps de reprendre ses esprits et c'est le retour aux sources dans la grande salle avec The Jon Spencer Blues Explosion. On se défait les cordes vocales et se meurtrit les hanches au rythme saccadé de leurs errances rock'n'blues. Tout ça fait du bien là où ça fait mal. La voix de Jon Spencer, comme à son habitude, fait l'effet d'un gourou qu'on suivrait n'importe où. On se perd un peu dans ses vocalises et on se sent fidèles de la plus belle secte musicale à chaque fois qu'il s'égosille pour faire résonner dans toute la salle et par-delà : "Blues explosiiiiiooooon". C'est déjà la fin de la première soirée au This is not a love song et on se sent un peu coupables d'être retombées amoureuses si vite. 



Deuxième jour, les jambes en coton mais la tête prête à des nouveaux chocs, on arrive pour le concert d'Earl Sweatshirt. De la scène extérieure, ses mots résonnent par-delà Paloma, dans cette zone un peu triste qu'il habite avec grâce ce soir-là. Même quand on n'en comprend qu'un sur cinq, on mange ses mots à mesure qu'ils sortent de sa bouche. Les mélodies nous aident à comprendre son langage, ses histoires et son monde. C'est plein d'une poésie à la fois proche et lointaine, contemporaine et universelle. On se joint alors à son langage, à ses histoires et son monde par une danse répétitive qui signifie : "j'ai compris". 
Pas fans de Cat Power ni de Jungle, c'est les Black Lips que l'on attendait, toujours sur la scène extérieure. La jeunesse a ramené ses fesses pour le set de ces vikings chétifs. Le concert n'a pas encore débuté que Cole Alexander entame ses péripéties en lançant des bouteilles de bière au public qui, agile (heureusement!), donne des coudes pour les rattraper et s'enivrer gaiement. Fidèles à leur réputation, ils foutent autant le bordel sur scène que tout le public sur le parvis. O Katrina! est démentielle même si Cole n'a plus la force d'articuler, Bad Kids est toujours trop courte et tout le set nous enflamme de haut en bas, d'intérieur en extérieur, des tripes aux neurones. Il n'y a définitivement pas d'âge pour cette énergie adolescente. 


Un peu plus en avant, là où l'adolescence reste présente en arrière-plan mais où d'autres merveilles ont eu le temps de faire surface, il y a le live de Ty Segall. Grésillements intenses, le headbang de Mikal Cronin, les coups parfaitement mesurés d'Emily Rose Epstein, Charles Moothearts époustouflant bien qu'en retrait et puis Ty qui orchestre tout ça à la merveille. Sueurs froides sur Thank God For Sinners, Tell Me What's Inside Your Heart et Imaginary Person tout particulièrement. Poésie en vrac et quelques démons qui viennent nous secouer à mesure que les titres s'enchaînent. C'est foutrement beau, comme à chaque fois. Ca l'est tellement qu'on préfère arrêter notre soirée sur la dernière note de Girlfriend, boudant un peu Daniel Avery. 



Dernier soir. Après avoir ri un bon coup au live de Sky Ferreira, on retourne aux valeurs sûre avec WhoMadeWho sur la scène extérieure. Une chaleur douce enveloppe leur set, leur musique aux tons de gris devient bouillante, nous réchauffe tout le cœur. Les deux frontmen plein de savoir-faire entretiennent un lien étroit avec un public conquis qui danse autant qu'il peut pour vu que la musique pénètre par toutes les pores. Inside World restera un des plus beaux souvenirs du festival. 
Et comme festival c'est aussi fête, on est allés danser plus sévèrement au son des fous furieux californiens de The Glitch Mob. De la musique qui rend taré comme il en faut parfois pour se cramer les neurones entre potes. Une électro puissante, travaillée bien qu'avec quelques moments brouillons qui ont leur charme, qui s'avère massive quand on sort de là les jambes tremblantes et le cœur décroché. 


Juste ce qui fallait avant Acid Arab qui clôt le festival dans la grande salle. L'occasion d'exercer une danse plus travaillée où le rythme pénètre chacun des muscles, détend les hanches et fait tourner les poignets. Un groupe dont on ne se lasse jamais en live tant ils insufflent la joie de vivre sans mot dire et nous rappellent au monde. Que demande le peuple ? Rien. Après cette deuxième édition du This Is Not A Love Song, il est comblé.  


EVENEMENT : FESTIVAL AUCARD DE TOURS / DU 4 AU 8 JUIN


La 29e édition du festival Aucard de Tours se déroulera du 4 au 8 juin 2014, à Tours, au parc de la Gloriette. Ce festival de musique est organisé par Radio Béton. Le 5 Juin, le festival donne carte blanche au collectif local Cocktail Pueblo qui a choisi de programmer Golden Teacher, les Agamemnonz et Papier Tigre. Funken viendra aussi faire l'anim le 7 Juin.


Parmi les artistes programmés, l'on trouve Biga*Ranx. Il s'agit d'un jeune français qui fait du reggae comme les plus grands du genre. Son deuxième album, Good Morning Midnight, est sorti en mars 2013. Après un passage remarqué au Temps Machine en mars, il reviendra faire danser les tourangeaux à Aucard de Tours.

Biga Ranx
Les français seront nombreux sur ce festival. On se réjouit notamment de la présence de Madben et Joris Delacroix, deux Djs français très prometteurs. Soutenus par les plus grands noms de la scène électronique internationale, ces deux jeunes hommes continuent de faire leurs preuves sur la route des festivals français.
Plus expérimentés, c'est les Hypnolove qui viendront représenter la bonne vieille électro d'chez nous. Entre électro funky et instruments classiques, ils nous promettent une belle danse.
Pour les amateurs de minimale berlinoise, c'est Clara Moto qui viendra apporter des rythmes plus posés.

Tijuana Panthers
Radio Béton s'offre également la venue de Bosco Delrey. Récemment installé à Paris, ce rockeur d'origine américaine nous transporte dans diverses ambiances, entre rockabilly et pop. Les droits de son premier album Everybody Wah ont été rachetés par le réalisateur Terence Mallick et figureront sur la bande originale de son prochain film. Acclamé par la critique et déjà remixé par les Beastie Boys, l'américain devrait séduire le public d'Aucard.
Les californiens de Tijuana Panthers viendront apporter une touche de punk ensoleillé que l'on a hâte de découvrir en concert. Côté culte, c'est le Brian Jonestown Massacre qui ravira les vieux d'la vieille et les p'tits rockeurs à mèche.

La pop française sera bien représentée par les bordelais de Pendentif. Leurs petites chansons d'amour en français feront fondre les cœurs sous le soleil tourangeau.
Côté musiciens locaux, on est bien servis aussi. Janski Beeeats, révélé lors du Printemps de Bourges 2010, est un artiste tourangeau hanté par l'univers du manga et des jeux vidéos. Son électro bizarre satisfera les geeks comme les danseurs frénétiques. Pour les plus calmes, le groupe tourangeau Boys In Lilies viendra déballer sa pop tout en douceur.

Skip & Die
La touche de folie du festival sera certainement apportée par Skip&Die. Le duo formé d'une chanteuse sud-africaine et d'un musicien néerlandais produit une musique loufoque et dansante. Leur album Riots In The Jungle, sorti en 2012, résulte de nombreuses collaborations avec des musiciens locaux rencontrés lors de leur tour d'Afrique du Sud.



Aucard de Tours 2014 : Teaser #01 from Aucard on Vimeo.

Rendez-vous sur le site d'Aucard pour découvrir la line-up complète.
Et en attendant le doux mois de juin, ambiancez-vous avec notre playlist Aucard de Tours.

EVENEMENT : THIS IS NOT A LOVE SONG 2014 / 29 > 31 MAI @ PALOMA, NÎMES


J'avais 15 ans quand j'ai rencontré Mathieu et Géraldine de l'asso Demande moi de m'arrêter, devenue Come On People. Lors de notre première entrevue, ils avaient fait battre mon cœur aussi fort qu'au moment du premier baiser car ils avaient fait naître bien des rêves. A l'époque, Nîmes était une cité culturellement pauvre et ils jouaient des coudes pour organiser des concerts dans les bars. Avec leurs acolytes, ils se débrouillaient fort bien. Tu lâchais cinq balles pour aller voir un pur groupe de Détroit. Puis tu pleurais ta race jusqu'au prochain concert. Mais ils avaient d'autres ambitions pour leur ville. Ils voyaient déjà la scène de musiques actuelles et me faisaient rêver à quand je serai plus grande, à quand ils auraient une salle "pour faire jouer BRMC, le Brian Jonestown Massacre, Jon Spencer et tous ces groupes qu'on peut pas faire jouer dans les bars".
Aujourd'hui j'ai 19 ans et bien que je n'habite plus à Nîmes, la réalité ressemble fort à mes rêves d'adolescente. Paloma est née, l'équipe qui la dirige travaille main dans la main avec Come On People sur le This Is Not A Love Song Festival. Pour la deuxième édition, qui se tiendra du 29 au 31 mai, BRMC ne sera pas là mais on verra bien le BJM et Jon Spencer. Et toute une chiée d'autres groupes qu'on écoutait en after en fabulant qu'un jour ils seraient programmés ici : The Black Lips, Ty Segall, The Fall, Lee Ranaldo & The Dust, etc.
Et loin des yeux près du cœur, on accorde toujours nos violons sur les crush musicaux puisque nos chéris du MIDI Festival 2013 - Temples - seront présents tout comme notre groupe de l'année 2014 so far : FINDLAY. Et puis nos fiertés locales Mofo Party Plan, Humming Bird et Harold Martinez
Pour découvrir le reste de cette prog toute folle, le line up est ici et notre playlist en fin d'article.

Et petit plus par rapport à la première édition, des concerts gratuits se tiendront l'après-midi et des animations viendront compléter la programmation. Au menu, un atelier badges, sérigraphie ou massage, par exemple. On attend aussi avec impatience la conférence Rock & Amour du samedi après-midi et la performance du Ratatouille théâtre nommée "Radio Bicarbonate" durant laquelle deux clowns ambianceront le festival avec leur radio de rue. On n'ose pas imaginer, juste s'impatienter. Programme complet ici.



POURQUOI LE NOUVEAU BLACK KEYS EST TOUT POURRI


Il y a 22 heures, les Black Keys publiaient leur nouveau clip pour le single Fever. Je reçois dans la foulée la newsletter du groupe, à laquelle je suis abonnée depuis les plus terribles heures de mon adolescence. Arrivée au bureau, dans un élan d'ennui, je m'adonne au visionnage de la chose. Déjà 159 000 personnes en ont fait autant.

Grand Dieu, je n'en suis même pas arrivée au bout. J'ai de l'urticaire métaphorique qui me torture l'épiderme comme quand Coldplay passe à la radio. Qu'est-ce-que ce petit beat tout punchy, tout radiophonique fait entre les mains de Dan Auerbach et Patrick Carney ? Sérieusement ?
Certes, El Camino, petit recueil tubesque, laissait déjà présager le désastre que serait son successeur. C'est connu, il faut toujours se méfier de l'award du meilleur album rock. C'est souvent l'award du groupe qui tombe dans la soupe commerciale et se cassera définitivement la gueule au prochain essai. Mais je crois que je n'étais tout de même pas préparée à les voir passer du côté "Hit Music Only" de la force.



Et que dire de Turn Blue, l'autre single, balade à minettes aux paroles aussi plates que le buste d'une pré-pubère ? La chose me fait bailler comme un dimanche après-midi vautrée dans le canap' devant Derrick, Mamie ronflant tout à côté. Et ce n'est pas le fond hypnotique pseudo-psyché qui nous fera rentrer dans un morceau pour le coup aussi impénétrable que les voies du Seigneur. Et c'est pas que la chose est profonde, hermétique. C'est tellement accessible que ça finit par te glisser dessus sans que tu t'en rendes comptes. Ça se laisse entendre sans s'écouter vraiment.



Et je crois que ce qui me désole le plus dans cette histoire c'est l'attitude des bloggeurs et journalistes musicaux face à l'évolution du groupe. Ceux qui ont arrêté de parler d'eux à la fin des années 2000 (entre Attack & Release et Brothers) ont sûrement adopté la bonne attitude. Mais ceux qui continuent à couvrir la moindre sortie comme s'il s'agissait du Saint Graal commencent sérieusement à me courir sur le haricot. C'est d'ailleurs plus du partage que de la couverture médiatique, c'est du "kikoo les Black Keys ont sorti un nouveau titre on ne fera aucun commentaire dessus mais tu peux aller l'écouter tout seul comme un grand". C'est de la machine à clic comme eux font de la machine à fric. C'est brasser du vide sur du vide. 

Alors que, quand même, c'est pas bien compliqué de poser ses couilles sur la table et de dire qu'entre The Big Come Up (2002) et les prémices de Turn Blue (2014) il y a un fossé musical aussi large que celui qui sépare BRMC et Miley Cyrus. Alors certes, si ton blog est un peu influent, tu ne recevras peut-être plus le catalogue de Nonesuch Records. Rien de bien grave puisque tu pourras toujours écouter en stream leurs sorties et que rien ne t'empêchera de signaler les quelques bonnes parutions du label. Qui sont - étrangement - de plus en plus rares. Au moins, tu auras la conscience musicale tranquille.

 Ce qu'elle est loin, l'époque où le duo s'enfermait dans la cave de Patrick Carney et enregistrait un album en 14 heures sur un magnétophone 8 pistes. C'était l'époque d'un blues qui dépotait. Tu pouvais fermer les yeux en écoutant Thickfreakness et voir les pin-ups valser, les déhanchés causer des dommages collatéraux et les esprits se remplir d'insanités. Il y avait de l'esprit et un bagage culturel dans leurs compositions comme dans leurs reprises.

Au début des années 2000, ils sortaient des disques parfaits pour faire l'éducation musicale des adolescents tourmentés. En ce début d'années 10, ils s'apprêtent à sortir la B.O de l'été des jeunes hipsters de seconde zone et des radios friandes de rock commercial. Voilà comment les Black Keys ont réussi l'exploit de me faire regretter l'époque où j'étais boutonneuse et rejetée par mes camarades de classe.





Jessyka

ATRABILLIE #2 : Tappi Tíkarrass


Si tu aimes la cold wave, le post punk et la sorcellerie alors ce groupe est fait pour toi. Un des premiers groupes connus de Björk, Tappi Tíkarrass (dont le nom signifierait "Va botter le cul de cette pute"), s'est formé en 1981 et n'a sorti que deux albums avant de splitter.