ATRABILLIE #8 : BUNALIM

Bunalimlar – Bunalim - 1969-72

Un peu de Turkish rock aujourd’hui. A la différence du Turkish Superman, le Turkish Blues est plutôt impressionnant. Bunalim signifie « Crise » en Turc, pourtant ce morceau sent plutôt la non-violence et sa mélodie orientale nous laisse rêveurs. Pas trop d’info pour le coup, je ne sais pas lire le turc, mais leur album vaut 99£ sur ebay donc ça devait pas être des rigolos.

                            

ATRABILLIE #7 : PENS


Pens – Fukufuckinfuk 

sur l’album Hey Friend, what you doing ? 2009 - Destijl Records

Héritières des Riot Grrrl (le titre parle de lui-même), les Pens (oué des crayons) viennent de Londres. Ce morceau, incompréhensible, fait à l’arrache nous réjouit les oreilles. C'est le petit gribouillis défouloir de 5 pages, la grosse rature énervée qui soulage la fin de la journée. Bisou au T-shirt loup.

ATRABILLIE #6 : JACKSON C. FRANK

Jackson C. Frank - Milk And Honey - sur l'album Blues Run The Game -1965 - Castle Music

Découverte dans le film Brown Bunny de Vincent Gallo, pendant un travelling en voiture, Milk And Honey frappe lentement, en simplicité pour rester logée dans votre tête comme un souvenir personnel. A la fois très triste, elle est sobre comme le passage de l'automne à l'hiver qu'il évoque dans les paroles. Son impact est décuplé dans le film dont l'atmosphère correspond à cet état d'attente un peu fataliste.


ATRABILLIE #5 : KAPLAN


Kaplan - I Like (1968)

I Like est mon trésor de Youtube. Composé par l'acteur britannique Kaplan Kaye en septembre 1968, le morceau fait partie d'une dizaine d'autres qu'il a écrits, sortis en 45t. Il n'a pas fait d'album et seulement deux ou trois chansons sont écoutables sur internet. I Like, c’est la chanson du printemps, quand on part sur son vélo ou les cheveux aux vents dans une voiture.


ATRABILLIE #4 : BIG IN JAPAN

Le titre Nothing Special de Big In Japan est un petit ovni punk de la fin des années 70. Ce groupe anglais de Liverpool est aujourd'hui peu connu bien que certains de ses membres ont fini par jouer avec Siouxsie, Frankie Goes to Hollywood ou les Slits. Big In Japan se reconnait à la voix stridente de Jayne Casey qui, sur Nothing Special, se teinte de mélancolie. On pense un peu aux futures Riot Grrrls qui s'en sont peut-être inspiré. 

THE BEST OF : FESTIVAL AUCARD DE TOURS 2014

Ça se balance sur la Plaine de la Gloriette @ Aucard de Tours


Quand on découvre une ville, le plus croustillant est toujours d'y découvrir la jeune scène et les acteurs culturels locaux. A Tours, s'il y a un événement à ne pas manquer qui combine les deux c'est bien le festival Aucard de Tours. Organisée par Radio Béton (93.6), la 29ème édition de ce rendez-vous annuel avait pour thème "C'est quand l'Amérique ?". Beaucoup de groupes ricains au programme donc mais pas que : les formations du coin et les maîtres du bizarre musical internationaux étaient également représentés. On revient sur les meilleurs concerts de ces cinq jours.

Une statue de la liberté punk nous informe de notre entrée sur un territoire (fictivement) américain
Le premier jour, on se rapproche fissa de l'Amérique avec le live de Bosco Delrey. Formation rock solaire, cinématographique au possible, elle se révèle encore plus délicieuse sur scène. Une nouvelle facette d'eux se dessine : plus rock, moins parfaite et tellement plus vraie. Quand la voix déraille on sent l'humanité qui manque légèrement sur disque. Baby's Got A Blue Flame est à ravir sous le petit chapiteau. 
La légende ricaine continue et l'on voit plus grand avec The Brian Jonestown Massacre. Ambiance différente que la semaine précédente au This Is Not A Love Song Festival de Nîmes, le plein air leur réussit. Joël Gion, toujours placé au centre, prouve encore une fois son rôle de pilier au sein du groupe tandis qu'Anton Newcombe continue de fasciner par son talent et son jemenfoutisme scénique. Un concert mémorable qui s'écoute autant depuis les premiers rangs qu'allongé dans la pelouse ou sur les balançoires (rien de tel que de se retourner la tête pendant Straight Up & Down). 
Toujours sur la lignée ricaine mais résolument plus jeune c'est Vundabar qui remporte la troisième place du podium ce soir là. Leur album, sorti en 2013, est dénommé Antics. Tiens tiens, ça ne vous rappelle pas quelque chose ? Si bien sûr, le deuxième album d'Interpol, sorti il y a dix ans. Bel hommage si ça en est un, bien que leur musique n'ai pas grand chose à voir avec le souffle froid de Paul Banks. Carrément ricains, ils ne font pas l'effort de baragouiner quelques mots de français. Si bien que l'on ne comprend rien aux monologues que le chanteur nous adresse entre deux chansons. Qu'importe, rien que cet accent nous rapproche un peu de l'Amérique. Et c'est bien le but du festival ! Alors on se déhanche comme si on était au Paradise Rock Club de Boston où le trio a fait ses premiers pas. Ce placebo fonctionne parfaitement bien.

Les Agamemnonz @ Aucard de Tours
Le deuxième soir, Les Agamemnonz, le plus ricain des groupes tourangeaux, nous ont fait vibrer sous le chapiteau. Leur rock instrumental et paradisiaque nous a transporté dans un univers digne de Tarantino. On avance dans leur live les yeux fermés, avalant les kilomètres d'une route désertique à mesure que notre tête bourdonne de plaisir et hoche en rythme, signe d'approbation de leurs errances mélodiques.
Tout va bien pour la scène tourangelle et Papier Tigre nous l'a prouvé. Ça croustille de diverses émotions rock'n'rollesques, ça stimule les zigomatiques et ça se marie parfaitement avec le houblon qui coule à flots et rend nos mouvements aussi décadents que la rythmique de leurs titres.
Côté reggae de la force, Tours a aussi son petit prodige. Biga Ranx revenait en ses terres natales pour un live explosif. Seule ombre au tableau, la masse de (très) jeunes festivaliers présents qui ont cru que cette musique appelait aux pogos. Doucement les kids, qu'on aurait voulu leur dire, contentez-vous de vous déhancher, pet dans la main gauche, pinte de bière dans l'autre et respectez ceux qui vous entourent. Mais ce scénario ne s'observait qu'au loin, là où les sages s'étaient posés dans l'herbe. Dans les premiers rangs, on avait l'impression d'assister à une baston punk sauf que les protagonistes n'étaient autres que des hipsters qui signaient l'arrêt de mort de leur t-shirt Obey préféré. Dès la deuxième chanson, un mec s'est fait piétiner dans la foule. Tout le contraire des comportements auxquels la musique de Biga Ranx appelle. Dommage car le mec s'est littéralement démené sur scène pour assurer le meilleur live possible.

Papier Tigre @ Aucard de Tours
Là où les pogos étaient les bienvenus, et là où on a échappé aux hipsters des villages, c'est pendant le live d'Holograms. Le groupe suédois est venu faire part de sa rage incandescente, la transmettre de la manière la plus frénétique qui soit et nous ramener un peu à nos émotions contradictoires de la fin de l'adolescence. Jeu guitare/basse impeccable, paroles révoltées qui suintent l'ennui de vivre et l'aspiration à ce "quelque chose de plus" qu'on a trouvé dans leur live. Une claque sinistre sur une belle gueule.

Holograms @ Aucard de Tours
Groupe officiel du chill printanier 2014, Tijuana Panthers nous a apporté des bonnes ondes de Long Beach aussi efficaces que des petites pilules illégales. Avec eux on prend un aller-simple pour la fin des tracas, le soleil à toutes les fenêtres et l'amour des premiers jours. Ça swingue tranquillou dans les minis-shorts, tout le monde il est beau il est gentil. En bref, on a trouvé les protagonistes rock capables de nous envoyer au pays des bisounours. 
Toujours au pays du tout-va-bien mais côté électro de la force, FKJ, le "French Kiwi Juice" car d'origine néo-zélandaise, n'y est pas non plus allé de main morte avec les ondes positives. De So Much To Me à Lying Together, il nous a régalé la gueule en toute simplicité, presque à la bonne franquette. 
La Palme de la plus belle fin de festival va sans conteste à Aucard cette année. Les sud-africans de Skip & Die ont assuré un show incroyable, débordant d'énergie, nous régalant les yeux autant que les oreilles. Leur style complètement décalé et leurs rythmes exotiques ont séduit la foule qui s'est déchaînée tout en gardant les yeux rivés sur la chanteuse et son jeu de scène transpirant. Sans doute la plus belle performance du festival. De quoi garder des étoiles dans les yeux quelques jours durant et signer direct pour la 30ème édition du festival.


Les + d'Aucard de Tours :
- Le lieu : la plaine de Gloriette, au sud de la ville, offre un cadre parfait pour un festival de cette envergure. Pelouse clean, attractions pour les petits et les grands et accessibilité en voiture, vélo et transports en commun. De quoi réjouir toutes les tranches d'âge et motiver les plus réticents.
- Les pissotières pour femmes : concept peu mis en place lors des festivals et pourtant bien utile. L'attente pour faire redescendre la bière est bien moins longue et rien de tel pour se faire des copines de festival que de pisser accroupie à côté d'elles.
- Les dates : début des vacances pour les étudiants du supérieur, dernières cuites avant le bac pour les lycéens et période parfaite pour profiter du beau temps en famille. Que demandent les tourangeaux? Plus rien. 

Photos et texte : Jessica Lombardi

ATRABILLIE #3 : BROWN RECLUSE


La Brown Recluse est une araignée venimeuse d'Amérique dont la morsure provoque la nécrose des tissus. Son nom lui vient de son caractère solitaire et discret. Allez savoir pourquoi, il s'agit aussi d'un groupe de
garage/expérimental de Philadelphie. Mais quand on regarde la vidéo de Mirror Mansion le rapprochement n'est plus aussi incongru : l'atmosphère qui se dégage de la voix du chanteur et des images rappelle un isolement confortable et rassurant, alors que la mélodie du synthé installe une ambiguïté inquiétante.